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PETITES
PENSEES
VELOCIPEDIQUES
Couchés sur ce blog, quelques réflexions, récits, sentiments que mes évasions à vélo et même pédestres m'ont procuré. Rêves ou réalité cette démarche n'a qu'un but : le partage
Parler du vélo autrement.
Demain, au petit matin, je partirai pour la troisième fois vers le
Cézallier pour compléter la découverte de ce vaste plateau qui m’a charmé pour ce qu’il a de mystérieux et d’envoûtant. J'approcherai les hauts sommets du Cantal. Pédalant seul au milieu de ces
vastes étendues de verdure, j’essaierai une fois encore de retenir ces instants précieux qui resteront en moi, comme le sont restées toutes ces escapades réalisées au fil des années. J’en aurais
à raconter, mais, mis à part les connaisseurs en la matière, qui cela intéresserait-il ? Pourtant j’essaie, d’une certaine manière de faire partager ces instants uniques, sans pour cela
rentrer dans des détails qui, bien que nécessaires, pourraient me faire sortir de mon sujet. Car ce n’est pas de la réalisation classique d’une rando dont je veux parler au travers de ces comptes
rendus, mais de cette recherche d’absolu qui m’a toujours poussé à aller voir plus loin, plus haut, plus «autre-chose». De toutes ces pensées qui me traversent l'esprit quand je me laisse
aller au tempo mécanique et régulier du pédalier. Alors comme toutes les veilles de départ, l’inquiétude de l’inconnu s’insinue doucement en moi, faisant naître toutes ces sensations de défense
intérieure sans lesquelles aucune aventure ne serait menée à son terme dans de bonnes conditions. La nuit sera courte. Tant mieux…
Et c’est déjà un lendemain de rando. Seul dans la maison silencieuse, j’essaie de reprendre les forces laissées sur le bitume. Il me faudra un
ou deux jours pour évacuer les souvenirs de ces petites routes de montagnes, tortueuses, caillouteuses, parfois vicieuses. Devant mes yeux défilent tous les kilomètres avalés tranquillement, tous
les arrêts pour vérifier ma route, les souffrances dans des cols méconnus pourtant réserve insoupçonnable de richesses naturelles. Je
revois ce rapace dans le ciel planant au-dessus d’une vallée majestueuse, dans un ciel bleu azur. Je m’étonne encore de la découverte du Lac du Pêcher,
au détour d’une forêt fraîche et odorante dans ce petit matin à peine levé. Je souris à ce sursaut de conscience, lorsque, sans doute en pleine euphorie, je me revois douter
de cette pente que je descendais à pleine allure, alors que je venais de laisser sur ma droite la route à suivre, qu’ils sont durs à accepter ces moments de renoncement, ces brusques retours en
arrière, ces pénibles sentiments de respect pour soi-même lorsqu’il faut retrouver sa route, la Vraie. Ne jamais la quitter. Gravée dans notre esprit, elle doit nous conduire là où nous l’avons
décidé, qu’importent les souffrances.
Oui, « la vie ne se résume pas à ce qu’elle est, mais à ce à
quoi on peut renoncer », c’est pas Sonia qui me dira le contraire. J’aurais pu continuer cette descente et arriver à mon but plus tôt que prévu, laissant deux cols derrière moi, une jolie
fontaine d’eau fraîche, et un panorama sur le puy Mary . Renoncer à la facilité. Et rechercher ma route. Voilà un beau souvenir de cette rando. Pour les beaux jours qui restent, ce sera du
plat…en attendant la saison prochaine.
En guise de conclusion:
En trois boucles d'égale distance j'ai visité une région d'Auvergne que sans doute peu de visiteurs connaissent. J'y ai bien découvert ce que je cherchais, à savoir cette lumière éclatante, ces vastes étendues de prairie dont on voudrait presque y passer le reste d'une vie tant le calme et l'immensité appellent l'absolue vérité. J'y ai ressenti l'isolement, perçu le doute. Et pourtant…tout cela n'est qu'à deux pas de chez nous. Quelle frustration de savoir que le temps nous est compté et que la connaissance de tant de paysages est tributaire d'une vie vouée au travail et à nos habitudes matérialistes. Une micro partie du monde, voilà ce que j'ai découvert. Et j'en suis conscient. Mais, comme dirait Souchon, "c'est déjà ça"…
Quand on ne peut obtenir ce que l'on veut, c'est une tragique erreur que d'accepter ce qui lui ressemble. Philippe Djian, Echine.